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« L’homosexualité n’est pas une ‘variante’ de la création »

6. Dezember 2019

À Berne, Roland Gebauer, professeur de Nouveau Testament et de théologie biblique à la Haute École Théologique de Reutlingen, a défendu une position conservatrice de la compréhension biblique de l’homosexualité, de la bénédiction des couples homosexuels et du ministère ecclésiastique des personnes qui vivent ouvertement leur homosexualité.

Dans la première partie de son exposé à Berne, le professeur Gebauer a expliqué pourquoi les quelques passages vétéro et néo-testamentaires relatifs à l’homosexualité ne constituent pas une base suffisante pour pouvoir parvenir à établir « une communauté spirituelle responsable ». L’élément décisif en ce qui concerne la question de l’homosexualité réside davantage dans le récit biblique de la création.

Pas un « don » du Créateur

En Genèse 1,26, il est dit que Dieu a créé l’être humain « homme et femme ». Et l’ordre suivant, « soyez féconds, multipliez-vous », ne peut être exécuté que par la relation sexuelle entre un homme et une femme. Certes, la sexualité n’est mentionnée ici qu’implicitement. Mais, a déclaré Roland Gebauer, elle est clairement située dans l’union de l’homme et de la femme. « Dieu, le Créateur, a donc clairement situé la sexualité, de façon permanente, dans l’union de l’homme et de la femme, dans la relation complète d’un homme avec une femme ». Par conséquent et à son avis, l’homosexualité n’est pas une « variante de la création », ni un « don » du Créateur. Le théologien est conscient de ce qu’une telle affirmation peut blesser certaines personnes dans l’auditoire et il s’en excuse ; compte tenu du temps limité dont il dispose, il ne peut formuler sa pensée que sous cette forme très ramassée.

La vérité dans l’humilité

Dans la deuxième partie de son exposé, le professeur Gebauer s’est interrogé sur les conséquences que les chrétiennes et les chrétiens devraient tirer de ce constat. Partant de diverses questions de fond, il s’est demandé dans quelle mesure il pouvait ou devait, et le cas échéant de quel droit, affirmer que sa vision des choses était la vérité absolue. En matière de vérité, la religion a en effet toujours à faire avec des convictions dont les prétentions à la vérité sont invérifiables, « parce que ces convictions intangibles apparaissent en nous en tant que vérités ». Le défi dialectique consiste, d’une part, à s’avouer que la conviction personnelle est une conviction subjective qui peut aussi s’avérer erronée et, d’autre part, à affirmer sa conviction personnelle comme une vérité objective, puisqu’il s’agit d’une « conviction intérieure concernant la Parole et la volonté de Dieu, sa vérité pour tous les hommes ». La conscience de notre propre faillibilité doit nous rendre humbles, et de ce fait nous amener à cette même attitude d’humilité par rapport à la vérité reconnue, a ajouté le théologien. « La question de l’homosexualité n’est pas une question de salut, mais aussi et surtout une question de sanctification, sans laquelle nul ne verra le Seigneur (Hébreux 12,14) ».

S.F.
Photo : EEM Suisse /sf

Traduction en français de l’exposé de Roland Gebauer
(l’exposé oral fait foi)